du 6 décembre 2022 au 8 décembre 2022
Publié le 14 novembre 2022 Mis à jour le 23 novembre 2022

Lacunes

Lieu : Institut National d'Histoire de l'Art, Paris

Colloque international coordonné par Christine Laurière, laboratoire CY HERITAGES


Dans les dictionnaires courants, les définitions de « lacune » renvoient toutes à des notions de manque, de vide, d’absence, voire de défaillance, de détérioration ou d’insuffisance. C’est aussi une déficience de savoir – on parlera ainsi d’ « avoir des lacunes » dans un domaine. Réalité commune à de nombreux domaines, cette notion est pourtant plus complexe que ce que cette liste laisse entendre. S’il s’agit bien d’un manque, ce dernier est dynamique et signifiant. Cette réalité n’est pas simplement une absence, mais plutôt une forme de trace en négatif (au sens littéral ou archéologique) de ce qui fut présent ou entier et qui, pour une raison ou une autre, a disparu dans une sorte d’amputation. Sauf dans le cas d’un savoir à acquérir, la lacune pose la question de l’origine et de la nature de ce qui fut, autant que de son devenir et des pratiques qu’elle appelle : retrouver, restituer ou non, et de quelle façon. Elle amène également à s’interroger sur la manière dont cette rencontre avec la lacune s’opère entre le présent (les chercheurs, les conservateurs et restaurateurs, les artistes, aujourd’hui, face à ce manque) et le passé (les producteurs, hier, d’une réalité), qu’il soit lointain ou très récent. Ce vide interroge la complétude théorique ou réelle, dans la mesure où la lacune met en perspective cette notion : quelle est-elle ? Quelle perte signifie la lacune si elle est bien un manque ? Est-elle le résultat d’une action volontaire et consciente ou non ? Quel sens lui donner et comment la vivre aujourd’hui ?


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